TRANS//BORDER, Les Enseignements de Nathalie MagnanMucem, Marseille

La ronde des tables

Du 16 au 18 mars 2018 se tenait au Mucem à Marseille un événement exceptionnel : TRANS//BORDER, Les Enseignements de Nathalie Magnan.La manifestation a rassemblé 46 intervenant.es venu.es de plusieurs pays d’Europe et des États-Uniset aaccueilli plus de 3 500 participant.es autour d’ateliers préparatoires (du 12 au 15 mars), d’une exposition, de trois séances de cinéma, d’une soirée VJing et de sept tables rondes.

Chaque table ronde, suivie par 200 à 350 personnes, a fait l’objet d’échanges animés et parfois polémiques entre les intervenant.es et avec la salle sur des sujets d’actualité, souvent complexes, que chacun.e a eu à cœur de mieux comprendre et de s’approprier.

Voici aujourd’hui les deux premiers opus d’une revue en huit numéros, un écho de l’œuvre de celle qui fut théoricienne et activiste des médias, réalisatrice, navigatrice… féministe, renvoyé par de nombreux artistes, activistes, chercheuses et chercheurs.

Cette publication vous donne accès en intégralité et en version originale (français ou anglais) à l’enregistrement vidéo de chacune des tables rondes, ainsi que la soirée Écosex.

https://vimeo.com/album/5745782

Retrouvez chaque semaine un nouveau numéro de la revue sur Bandits-Mages : http://www.bandits-mages.com/blog/2019/03/01/trans-border-les-enseignements-de-nathalie-magnan-la-ronde-des-tables-revue-en-8-numeros/

Le dernier acte de Nathalie Magnan a été d’appeler l’attention sur celles et ceux qui, chaque jour, tentent de traverser la Méditerranée au péril de leur vie. Pour répondre à ce vœu, nous vous proposons de soutenir l’association civile de sauvetage en mer, SOS MEDITERRANEE

 

Numéro 1

Archives privées contemporaines : quel traitement ? quel devenir ? - vendredi 16 mars 2018, 11h-13h

https://vimeo.com/319003179 – 22 février2019  

Conception : Reine Prat (coordinatrice générale de l’événement), intervenant.es : Emilie Blanc, Adam Evrard, Valentin Gleyze et Adelin.e Leménager (doctorant.es Université Rennes 2), Elvan Zabunyan (historienne de l’art contemporain, professeur à Rennes 2), Ewen Chardronnet (artiste, commissaire d’expositions), Alain Carou (BnF), Catherine Gonnard (Ina), Catherine Lord (artiste, écrivaine).

Après la projection du court-métrage « Nathalie Magnan, théoricienne des médias » de Christophe Écoffet, Cyril Thomas et Gilles Beaujard, interrogent les frontières du genre et le rôle majeur de Nathalie Magnan pour l’enseignement et la diffusion des pensées féministes et queer nord-américaines en France. Cette introduction est conclue par Elvan Zabunyan qui évoque ses rencontres avec la théoricienne des médias.Ewen Chardronnet propose une navigation à travers les archives de Nathalie Magnan en datavisualisation à partir de l’outil Zotero. Catherine Gonnard intervient du double point de vue de documentaliste à l’Ina et de militante engagée dans les archives féministes et lesbiennes.Alain Carou précise dans quelles conditions la BnF accueillera et s’attachera à valoriser, dans toutes leurs dimensions,ses archives. Catherine Lord revient sur les spécificités des archives Lgbtq et présente un slide-show, réalisé à partir d’une sélection des quelques 25 000 photographies numériques personnelles de l’activiste, ce qui suscite une forte émotion dans la salle.

 

Numéro 2

Frontières et technologies en mer Méditerranée - vendredi 16 mars 2018, 15h-17h

Les Technologies de contrôle et le droit en mer

https://vimeo.com/320933340  - 3 mars 2019

Conception, animation : Isabelle Arvers (commissaire d’expositions), intervenant.es : Violaine Carrère (Gisti), Malin Björk (eurodéputée), Charles Heller (Watch the Med), Erwan Follezou (SOS MEDITERRANEE)

La séquence s’ouvre sur la projection d’un extrait de Sailing for geeks 2, projet initié par Nathalie Magnan. Les intervenant.es rappellent que l’espace maritime est régi par des lois et expliquent comment les États en sont venus à s’exonérer du droit dans la guerre qu’ils mènent contre les personnes qui fuient leur pays pour trouver refuge en Europe. Dans un tel contexte, la société civile s’organise et mobilise toutes sortes de technologies pour venir au secours des personnes en danger mais aussi pour témoigner, déterminer les responsabilitéset tenter de faire respecter les lois. Nous sommes en mars 2018 et déjà il est perceptible que la situation va en s’aggravant.



À venir…

 

Numéro 3

Frontières et technologies en mer Méditerranée - vendredi 16 mars 2018, 17h-19h

Les Technologies alternatives et open source

Conception, animation : Isabelle Arvers (commissaire d’expositions), intervenant.es : Nicola Triscott (Arts Catalyst), Pablo de Soto (Hackitectura), Tim Boyckett (Time’s Up), Marthe Van Dessel (Seed Journey Project)

Les deux premier.es intervenant.es ont été partie prenante de Sailing for geeks 2, un projet de navigation sur la toile et à la voile initié par Nathalie Magnan dans le détroit de Gibraltar dans le cadre de Fadaiat. Leurs témoignages permettent de comprendre ce qu’a été l’expérimentation concrète des difficultés de navigation dans le détroit et des technologies de contre-surveillance, jusqu’aux contacts établis à Tanger avec des groupes d’activistes marocains. Puis sont abordés les projets de Time’s up (recours à des technologies de navigation plus anciennes à vocation écologique) ou le projet Seed Journey de migration inversée des graines (de l’Europe vers leur pays d’origine) visant à résister au brevetage de l’industrie en favorisant l’accès des petits cultivateurs aux biens communs, ou encore le projet de piratage du champ des ondes magnétiques (BolwerK) à comparer avec les techniques de semaison manuelle.

 

Numéro 4

Zelig RTM - (H)acktivismes : l’information veut toujours être libre- samedi 17 mars 2018, 11h-13h

Communautés de média tactiques actives aujourd’hui

Conception : Peggy Pierrot (chercheuse indépendante), Philippe Rivière (journaliste), animation : Peggy Pierrot, intervenant.es : Geert Lovink (théoricien des média), Aris Papatheodorou (Réseau Samizdat), Philippe Rivière (journaliste), Marie Lechner (Gaîté lyrique)

Peggy Pierrot rappelle la genèse des rencontres Zelig au début des années 2000 qui ont permis de développer un discours alternatif aux média dominants et de créer des « média tactiques ». Puis le court « Internautes » de Nathalie Magnan est projeté. Les intervenant.es abordent alors la nécessité pour les « réseaux des réseaux » de développer un discours critique, des actions stratégiques (s’extraire du Cloud, créer des plateformes opensource, relever le défi d’un web ouvert), des positions dialectiques (lien entre machines/usages et identités/subjectivités), des réseaux de pairs égaux, le tout face aux GAFA. Il est également question de ponts entre les générations et de préservation des lieux indépendants dont certaines initiatives (Lundi matin, Rebellyon, Seenthis, Mastodon, Framasoft, Les Chatons, Ronja, Mesh, Guifi, Freifunk, Athens Wireless Metropolitan Network, Consume.net, Call, etc.) sont des exemples.

 

Numéro 5

Zelig RTM - (H)acktivismes : l’information veut toujours être libre- samedi 17 mars 2018, 15h-17h

Libertés et surveillance à l’ère numérique

Conception : Peggy Pierrot (chercheuse indépendante), Philippe Rivière (journaliste), animation : Peggy Pierrot, intervenant.es : Nicolas Malevé (artiste, développeur), Seda Gürses (chercheuse), Jean-Marc Manach (journaliste d’investigation), Vladan Joler (enseignant à l’université de Novi Sad), Rayna Stamboliyska (consultante et chercheuse indépendante)

Après la performance d’Anne Laforet, à propos de Chelsea Manning, sur le genre et les trans-identités, Peggy Pierrot propose de visionner l’intervention pré-enregistrée de Nicolas Malevé sur les questions éthiques et politiques posées par la reconnaissance faciale (algorithmes et logiciels véhiculant des stéréotypes et permettant aux GAFA d’instrumentaliser les utilisateurs et utilisatrices à des fins commerciales). Les intervenant.es suivant.es prolongent ces propos en incitant à opérer une observation critique des systèmes de surveillance, auto-alimentés par les mêmes usager.es, à les étudier (notamment Facebook) et à les contourner (anonymat, fausse géolocalisation, démystification du niveau de surveillance et de la figure du hacker versus casseur, investigation de leur construction et de leur fonctionnement, précision du vocabulaire utilisé).

 

Numéro 6

Zelig RTM - (H)acktivismes : l’information veut toujours être libre- samedi 17 mars 2018, 17h-19h

L’Internet critique, entre (des)illusions et spéculations

Conception : Peggy Pierrot (chercheuse indépendante), Philippe Rivière (journaliste), animation : Peggy Pierrot, intervenant.es : Jacques Servin (The Yes Men), Valentin Lacambre (pionnier de l’Internet, co-fondateur de gandi.net, altern.org), Alex Haché aka Spider Alex (Gender and Technology Institute), Patrice Riemens (géographe)

En ouverture, Louise Drulhe présente son « Atlas critique d’Internet », également consultable dans l’exposition. L’essentiel des interventions porte ensuite sur les alternatives et les détournements des usages mainstream ou sur les résistances à mettre en place : le Yes Labliste les tentatives inefficaces de lutte contre le terrorisme et fait le lien entre mémoires de la colonisation, des ex-colonisés et des ex-colonisateurs, attentats terroristes et crise des réfugié.es ; la dystopie de la colonisation des terres et de la robotisation de la nourriture par les GAFA ; à l’inverse la diffusion des utopies, dont celles portées par les féministes, cyberféministes, qui font résistance aux violences multiples ; l’imagination d’une nouvelle façon d’habiter le cyberespace.

 

Numéro 7

Very Symbiotic ! Pour des savoirs situés - dimanche 18 mars 2018, 15h-17h

Humains, machines, fleuves, algues et vers marins : vers une nouvelle symbiose?

Conception : Chloé Desmoineaux (artiste), intervenant.es : Xavier Bailly (ingénieur de recherches), Ewen Chardronnet (artiste), Vinciane Despret (philosophe, entretien pré-enregistré, présente au débat via skype), Emilie Hache (philosophe), Jean-Paul Fereira (maire d’Awala-Yalimapo)

Dans la matinée, la projection du film « Donna Haraway : Story Telling for Earthly Survival » de Fabrizio Terranova, constitue une très utile introduction à la table ronde qui commence par la projection du court de Nathalie Magnan « Donna Haraway Reads the National Geographic of Primates », réalisé trente ans plus tôt. Après une minute de respiration collective proposée par Chloé Desmoineaux, les deux premiers intervenants orientent les débats sur la désacralisation de la symbiose, la nécessité du vivre ensemble pour adopter l’holobiont et privilégier la coexistence de la verticalité et de l’horizontalité. Puis à travers l’entretien enregistré de Vinciane Despret, débutent des échanges sur la relation/proximité entre nature et culture, entre humains et animaux, entre morts et vivants et sur le besoin d’opposer à l’anthropocène (centraliste) une vision nouvelle, le chtulucène (multi-spéciste). Émilie Hache développe ensuite les concepts d’écoféminisme et d’écosexualité discutés lors de la soirée Écosex. L’évocation critique de la Guyane, son histoire coloniale et politique, sa géographie, ses interactions entre populations, son fleuve, ancienne voie d’échanges, et aujourd’hui frontière contestée, clôture la table-ronde.

 

Numéro 8

Soirée Écosex - vendredi 16 mars 2018, 20h30

Conception, présentation : Isabelle Carlier (Bandits-Mages), intervenants : Paul B. Preciado (philosophe), Erik Noulette (Emmetrop)

La soirée, consacrée à la projection du film de Beth Stephens avec Annie Sprinkle, Good bye Gauley Mountain, est introduite par Paul B. Preciado qui explicite la notion d’écosexualité en tant que critique radicale de l’économie politique et de l’écologie normative. Il retrace en images la carrière d’Annie Sprinkle. Erik Noulette propose un retour en images sur quatre moments-clés de l’œuvre artistique et activiste d’Annie Sprinkle et Beth Stephens, qu’il a organisés ou auxquels il a participé.

 

En savoir plus

Site de l’événement